Ma « balade », vers le lac le plus haut du monde.

Jour 1  – Le 22  octobre

Manang 3500m -> Tilicho Base Camp 4200m (+800m)

Me voici donc (Sylvain) pour la première fois depuis le début de notre aventure, séparé de mes compagnons (et de ma compagne par la même occasion). Ce chemin optionnel me trottait dans la tête depuis déjà quelques mois, à chaque photos du lac Tilicho sur les différents blogs de voyage visités, mes yeux s’illuminaient devant les pixels bleutés des différentes photos.

Je troque mes compagnons de route pour faire équipe avec Seb, le marseillais doté d’un courage et d’un sourire grand comme son coeur. Adrian, qui nous suit depuis le début, opte lui aussi pour l’aventure Tilicho. Nous marcherons et cracherons nos poumons ensemble très régulièrement durant ce trip. Toujours souriant, déterminé, il fait preuve d’un sang froid remarquable (Fuck Yeah). Martha, une jeune traductrice d’origine espagnole, me rafraîchira régulièrement la mémoire sur la maîtrise de la langue hispanique durant le trajet. Gaëtanne, une jeune serveuse baba cool complète le tableau de l’expédition.

Le premier jour de marche est long et éprouvant, avec pas moins de 800m de positif. On décolle de Manang vers 6h, direction Shree Kharka. Les premières montées sont rudes, le souffle est haletant, nos mouvements sont dignes d’un paresseux sous prozac. La rivière en contrebas constituera notre fil d’Ariane jusqu’au camp de base. Des chevaux sauvages parcourent les plaines environnantes, à quelques mètres de nous. La végétation nous offre un spectacle haut en couleur.

Après quelques kilomètres, nous arrivons à Shree Kharka, la montre d’Adrien affiche 4000m d’altitude.

4000m !
4000m !

J’enfile rapidement le petit dèj le plus diététique de l’histoire du trekking, à savoir 2 succulents snickers. Ces barres chocolatés seront, durant toute la longeur du trek, mes armes les plus efficaces. Peu chers, présentes dans toutes les petites échoppes le long de la route et surtout très nutrititves.

Nous reprenons la route, le souffle toujours très court. Après 2 ou 3 kilomètres, j’aperçois un panneau de danger indiquant : « Landslide area, please be careful ». Pour les non anglophones, cela signifie : « attention, glissement de terrain, faites pas les cons ». Et en effet, on se retrouve à marcher sur une étroite bande de cailloux en plein milieu d’un effondrement. Une surface à peu près plane d’environ 30cm constitue le chemin « sûr »(hum). Sur ma gauche, une pente vertigineuse qui finit dans le ruisseau. Sur ma droite, un amas de cailloux prêt à s’effondrer. Sylvain, fait pas l’con !

Je mets en pratique mes talents d’équilibriste en compagnie d’Adrian le long de ce dangereux sentier. Une fois sorti du danger, je change rapidement mon caleçon pour me retrouver maintenant devant un paysage aride, volcanique, digne de la vallée du Mordor dans le Seigneur des anneaux. Rien qu’à cette altitude, la nature a beaucoup de problèmes à se frayer un chemin. L’homme, quant à lui, doit faire face à des difficultés physiologiques sérieuses : le mal aïgu des montagnes ainsi que le manque d’oxygène.

Un jour avant de partir pour le Tilicho, j’ai pu assister à une réunion de prévention organisée par un jeune médecin. Celui-ci nous a clairement indiqué que la concentration en oxygène à 5000m d’altitude serait d’environ 50%. Ce chiffre, écrit sur du papier, risque de ne pas vous parler. Cependant, à vivre, c’est une impression de ne pas avaler assez d’air pour être rasasié, une sorte de semi-étouffement. Avec plus de 10kg sur le dos, lors des montées abruptes, c’est une réelle épreuve physique qui nécessite du courage et un mental en béton.

On arrive en début d’après-midi au Base Camp. L’endroit est situé dans une cuvette rocheuse. On s’arrête à la première lodge, équipée de douches chaudes (alléluia), on mange et surtout on se repose. Le baromètre tombe rapidement en dessous de 0 une fois le soleil couché. Quelques flocons de neige viennent accompagner un sommeil agité pour ma part, lié à l’altitude. (l’altitude peut créer de fortes insomnies dans certains cas).

Jour 2  – le  23 octobre  

Tilicho Base camp (4200m) ->  Lac Tilicho (4919m) ->  Shree Kharka (4075m)

On part les premiers du Base camp le lendemain matin, à la lueur de nos frontales.

Nos fines lumières blanches se perdent dans l’obscurité de la vallée, éclairant nos pas sur une dizaine de mètres. La guirlande lumineuse que nous formons, avancent dans l’obscurité infinie au milieu des montagnes. Il fait un froid de canard, nous marchons tels de robots en mode automatique avec un objectif en tête : atteindre le lac. Adrian me fait part de quelques symptômes liés au mal des montagnes qui se sont manifestés durant la montée d’hier. Il se sent en état d’ébriété sans avoir picolé, un symptôme typique mais dangereux lors de certains passages délicats. Je garde un oeil sur lui durant tout le long de la montée.

La neige, jusqu’alors présente seulement sur les hauts sommets, commence à pointer le bout de son nez. Je laisse joyeusement des traces de pas dans la neige fraîche, tel un gamin en vacances au ski. La présence de quelques drapeaux de prières nous fait comprendre qu’on est pas loin du but. Un premier lac minsucule apparaît devant nous : « c’est quoi ce petit étang ridicule ? on a pas fait tout ça pour voir ça !! ». Un sentier bordé de grosses pierres nous fait vite oublier cette contrefaçon bleutée… Après quelques minutes de marche, on atteint enfin notre but, avec, en prime, l’honneur d’être arrivé les premiers et ainsi pouvoir profiter du lac le plus haut du monde sans aucun trekkeur à l’horizon !! Le spectacle est grandiose. Un gigantesque glaçier surplombe la partie gauche du lac. Au milieu, le lac, d’un bleu turquoise saisissant, nous offre un spectacle à couper le souffle.

Quelques clichés, un chocolat chaud, une rasade de rhum, nous voilà déjà sur la route du retour. Le vent se déchaîne, il est glacial, il pétrifie litéralement toute la troupe. La marche retour s’annonce pénible. Je commence à avoir un mal de tête carabiné, signe d’un début du mal des montagnes. La seule façon d’éviter que mon état empire, c’est de redescendre rapidement à une altitude plus convenable. Ça tombe bien, notre point de chute se situe à 4075m.

La route retour est ponctuée de petites glissades sans gravitée. On marche à un rythme effrené avec Adrian, dans le but de descendre rapidement et donc de réduire les effets de l’altitude. Shree kharka apparaît à l’horizon. On arrive avec une heure d’avance sur le timing annoncé dans le bouquin du trek. Une bonne douche et un Dal Bat plus tard, il est déjà l’heure d’aller se coucher. Durant la soirée, je fais la rencontre de Camille et Sam, un couple d’américains qui deviendront nos nouveaux compagnons de route vers la fin du trek. Catherine, une allemande apprentie médecin ainsi que son ami chilien Vicente, suivront nos pas le lendemain.

Jour 3 – le 24 octobre

Shree Kharka 4075m  ->  Yak Kharka 4050m

On part au nombre de 9, tôt le matin. La route est poncutée de nombreuses montées et descentes sans grosses difficultés. Le fait de monter au lac Tilicho facilite l’acclimatation pour la montée finale vers le col du Thorung La. Le mal de tête a disparu, je pète la forme nom de dieu !! On arrive à Yak Kharka vers 12h, ou l’équipe 4tickets m’attends depuis quelques minutes (Ils m’ont manqué mais faut pas leur dire). Adrian, fidèle au poste, restera cette nuit à Yak kharka (son mal des montagnes est toujours là). Le reste de la troupe décide de continuer à l’étape suivante. On leur souhaite bonne route entre 2 bouchées d’un steack de yak. L’aventure 4tickets continue maintenant au complet !

Vous pouvez voir la vidéo sur mobile en cliquant ici.

4 commentaires sur “Ma « balade », vers le lac le plus haut du monde.

  1. Je ne sais pas à qui tu as piqué le gène du sportif, mais je suis impressionnée!
    Et ShaunT à bien payer en tout cas.
    Tu as une très jolie plume mon fréro!

    Des bisous!

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