Trois jours sur un volcan actif : le Rinjani

Notre trek au mont Agung ne nous suffit pas ! On continue sur notre lancée direction l’île voisine Lombok et son volcan encore actif : le Rinjani.

 

Padangbai sera notre ville dortoir pour une nuit, petit port où transite les bateaux vers les îles Gili et Lombok. Voici notre rapide itinéraire une fois arrivé sur cette dernière :

 

Lembar (port de Lombok) ==> Senguigui (ville côtière) ==> Senaru ( notre point de chute).
Ce dernier est un petit village bien reculé dans les montagnes. La preuve en est, on a marché 10 kilomètres pour dégoter un distributeur automatique ! On sillonne le coin pour comparer les agences de trek. Certaines refusent de trekker à cette période car le « baby » volcan du mont Rinjani est en activité (sa dernière éruption date de novembre 2015 soit 2 mois avant notre arrivée).

 

Après quelques hésitations, nous escaladerons tous les 4 le plus haut volcan de Lombok : 3726 mètres.

 

21 Janvier 2016

 

Journée préparatif avant notre expédition. On se dégourdi les jambes en se rendant aux cascades.

 

 

La visite fut rapidement écourtée, la pluie commence à tomber et ne s’arrête pas. On ne le sait pas encore, mais ces premières pluies de mousson annoncent la couleur pour la suite…

Sur notre chemin, nous nous arrêtons dans une école primaire, l’occasion pour nous d’échanger sur l’éducation et la place de la religion dans le système scolaire. Un professeur enseignant la culture musulmane nous accueille à bras ouvert. La salle de classe est sommaire : un tableau, des tables d’écoliers et des livres scolaires paraissant obsolètes. On en profite pour leur laisser un paquet de crayon de bois. Nous en sommes sûrs, ils en feront bon usage.

 

22 Janvier 2016 : Première journée (6 heures de marche, 1000 mètres de dénivelés)

 

On quitte notre guesthouse sous un soleil éclatant. Le Rinjani pointe le bout de son nez depuis notre balcon. 7h30 pétante, nous sommes sur le départ. Notre guide, « Adi » et 3 porteurs vont partager cette aventure avec nous. Ces derniers sont chargés comme des mules et supportent sur leurs épaules tout le nécessaire pour cuisiner et dormir pendant 3 jours. On roule une petite heure pour arriver à notre point de départ : Sembalun.

Nous entamons nos premières foulées vers 9h. On marche sur les plaines du volcan à environ 1600 mètres d’altitude. Ce qui nous attend : 25 km de trek en 3 jours, rien que ça !

 

Peu à peu, la brume s’installe et nous cache la vue. Pour le déjeuner, nous nous arrêtons dans un abri bétonné servant de cuisine et de salle à manger de fortune. Les porteurs et le guide nous concoctent un repas délicieux à base de riz et de légume.

 

 

On reprend la marche, le chemin commence à grimper davantage. La pluie s’ajoute à la brume. Malgré nos bonnes chaussures de marche, le terrain devient glissant. Nous avançons difficilement entre rochers et racines d’arbres. La pluie de mousson ne cesse de tomber. On atteint notre premier camp de base 3 heures plus tard, trempés jusqu’à l’os. La tête dans les nuages, on entrevoit le baby volcan ainsi que le lac situé en plein milieu du cratère.

 

 

Les porteurs sont encore loin derrière nous, l’attente fut longue. On observe le paysage tout en grelottant. La fatigue, le froid et l’humidité nous plombe le moral. Mais la mousson n’arrêtera pas aussi facilement les 4tickets !!
Perchés à 2700 mètres d’altitude, nous passerons la nuit sous nos tentes, en espérant que la pluie cesse.

 

une nuit au pied d'un volcan actif
une nuit au pied d’un volcan actif

 

23 Janvier 2016 : deuxième journée de marche (4h aller-retour et 1000 mètres de dénivelés positifs pour le sommet , 6h jusqu’au prochain camp de base)

3h du mat : Sylvain muni de sa frontale, part avec Adi gravir le sommet du Rinjani, pendant que Cindy, Juliette et Aurélien continuent de dormir.

Voici son récit et le plan d’attaque :

 

Le plan d'attaque depuis le cratère
Le plan d’attaque depuis le cratère

 

Après une nuit de 5h à greloter sous la tente à 2700 mètres d’altitude, me voici encore une fois séparé de mes chers compagnons de route. Le réveil est difficile, il est 3h du mat et j’ai presque pas fermé l’oeil. Le guide me tend un thé bien chaud, seul carburant pour une monté qui va s’avérer éprouvante. La nuit est claire, ma lampe frontale s’avère presque inutile, la lune éclaire mes pas. Une première montée, assez pentue, permet d’atteindre la crête qui mène au sommet. En l’espace d’une heure, je peux déjà admirer les environs à 3000 mètres d’altitude. Sur ma gauche, c’est une pente abrupte. Sur ma droite, c’est le vide qui tombe directement dans le cratère… Je vais peut-être allumer ma frontale finalement !
Je croise pas mal de personnes à bout de souffle, préférant ne pas tenter le diable et admirer le lever de soleil depuis le cratère. Le manque d’oxygène lié à l’altitude se fait sentir, j’expire comme un buffle.

 

Après une bonne heure à suivre le bord du cratère, il est temps pour moi de partir à l’assaut final du sommet.
Au programme, une troisième heure de marche dans du sable volcanique sur une pente à 45°. A chaque pas que j’effectue en avant, je recule d’environ un demi-pas, j’ai l’impression de faire du sur-place, c’est frustrant et épuisant. Je fais une pause et je me remotive. Adi, notre
guide, est lui aussi bien fatigué.
Je commence à apercevoir le sommet, ça y est ! Les derniers mètres, nous escaladons des grosses roches volcaniques pour finalement atteindre le plateau sommital. Le soleil est encore endormi, il fait un froid de canard, le vent me tape brutalement dans la face. La vue est grandiose !

 

Le lever de soleil m’offre un spectacle éblouissant et inoubliable. J’immortalise mon passage sur le sommet puis entame la descente.

 

Cette partie est tout simplement très fun. Mes chaussures s’enfoncent dans le sable, j’ai l’impression de surfer avec mes pieds pendant une bonne partie de la descente. La vue sur le lac depuis le cratère est majestueuse.  Le « baby » volcan fume à quelques centaines de mètres de moi.

Vu sur le lac ainsi que sur le baby volcan du cratère

 

Je prie le petit jésus pour qu’il ne se réveille pas aujourd’hui. Au loin, j’aperçois deux points jaunes minuscules : les tentes de mes compagnons, ils doivent être réveillés à cette heure là ! Je rejoins finalement les 4tickets après une bonne heure de descente. Il nous reste 6 heures de marche avant d’atteindre le prochain camp…

 

Le camp de base se réveille sous un beau soleil.

 

 

Après un peti dèj de champion (fruit, café, pancake, banane), nous entamons une descente très raide parmi la roche.

 Le soleil brille encore, nous atteignons 2 heures plus tard le vaste lac situé au milieu du cratère. Peu à peu, les nuages tapissent le paysage. Des pêcheurs, perchés sur de petites pierres, semblent flotter sur le lac au milieu de la brume.

 


En attendant nos porteurs, on fait une trempette dans les sources chaudes à proximité du lac. Le mauvais temps revient, nous déjeunons tous ensemble sous une bâche en espérant que le déluge cesse.
On repart de plus belle sous une pluie fine. De véritables murs d’escalade se tiennent devant nous. La montée est très raide, on utilise nos mains pour se sécuriser comme on peut. Adi, toujours aussi bien chaussé (en tongs !!!), nous montre le chemin à suivre. En milieu d’après-midi, nous arrivons au camp pour passer notre seconde nuit.

 

 

Pas terrible pour certains, elle sera animée par une petite souris curieuse et gourmande, tentant de dérober dans la tente, les gâteaux de Juliette et Aurélien !

 

24 Janvier 2016 : troisième jour de marche

 

Ce matin, on se lève tôt pour partir dès 7h, avant d’éviter la pluie qui arrive en général dès 10-11h. La descente fut relativement simple et rapide. Au passage, on croise des trekkeurs qui commencent juste leur premier jour d’ascension, bon courage à eux ! Nous marchons d’un pas assuré dans la forêt pendant une bonne partie de la matinée jusqu’à notre arrivée à Senaru.

 

 

Pour clôturer cette aventure en beauté, Adi, les 3 porteurs et nous trinquons avec une bonne bière locale.

 

Ce trek de 3 jours a été éprouvant de par sa difficulté physique mais aussi par les conditions météorologiques vraiment défavorables. On tient à remercier chaudement Adi, notre guide, ainsi que nos 3 porteurs qui ont risqué leur peau pour nous. Ils portent une quarantaine de kilos sur leurs épaules abîmées, ne possèdent aucun équipement « technique ». Leur courage et leur savoir-faire nous ont épaté, ces mecs sont vraiment des surhommes ! Certes, ce métier est leur gagne pain, pour eux et leur famille, mais les conditions dans lesquelles ils travaillent sont très difficiles.

 

Dans l’ensemble, nous garderons un très bon souvenir de cette ascension. Une réelle aventure humaine qui nécessite du courage et de la ténacité !

Nos trois jours de trek en video :


Pour les curieux, l’itinéraire du trek sur une carte ici : http://4ticketsplease.fr/itineraire?pays=indonesie

2 commentaires sur “Trois jours sur un volcan actif : le Rinjani

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